Cela s’appelle une « fuitex » dans le milieu des investissements d’avenir… Les projets déposés par l’université de Strasbourg et les pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) de Bordeaux et Paris Sciences et Lettres seraient les premiers lauréats du jury international des initiatives d’excellence (IDEX). Doté de 7,7 milliards d’euros, cet appel d’offres doit permettre de doter d’un capital de 500 millions d’euros à 1 milliard d’euros les « périmètres d’excellence » de ces institutions. Leur dotation en capital n’est pour l’instant pas connue.

Alerté dès 14h37 dans un commentaire fait sur le blog « Peut mieux faire », soit montre en main, une demi-heure après la fin de la séance de travail du jury, selon un membre du jury qui refuse au nom de la confidentialité de confirmer ou infirmer cette sélection. L’information a été confirmée un peu plus tard par le pseudo Amélie sur le blog.

Cette information a été par ailleurs confirmée par plusieurs sources contactées par Le Monde, mais pas encore officiellement par le CGI ou par le cabinet de Laurent Wauquiez, le nouveau ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, touS deux contactés. Cependant, selon nos informations, le CGI et le ministère doivent se réunir vendredi 1er juillet pour valider, ou non, la décision du jury.

Lors des auditions du jury, qui se sont tenues entre lundi 27 juin et mercredi 29 juin, sept projets présélectionnés en mars ont été auditionnés. Il s’agissait de ceux de Bordeaux, de Grenoble, de Lyon-Saint-Etienne, de Paris Sciences et Lettres (ENS Ulm, Collège de France, Paris-Dauphine, Chimie Paris, etc.) , de Paris-Universités (Paris-II, Paris-IV, Paris-VI), de Strasbourg et de Toulouse.

Philippe Jacqué

IDEX : Les universités lauréates des initiatives d’excellence bénéficieront de moyens annuels supplémentaires (produits par le capital alloué : 1 milliard de capital correspond à 30 à 40 millions d’euros par an). Ces financements doivent leur permettre de mener des projets tant de formation que de recherche. L’idée étant de de donner à ces universités les moyens de devenir des institutions de niveau mondial. Par exemple, l’université de Strasbourg a préparé un projet d’institut d’études avancées, pour accueillir des universitaires de haut niveau pour une ou plusieurs années. De même, elle a par exemple préparé un projet d’institut d’innovation pédagogique. Par ailleurs, elle s’engage en mettre en place des recherches pluridisciplinaires.

Chaque institution a ses projets particuliers. Pour le détail :
Le résumé du projet de Strasbourg
Le résumé du projet de Paris Sciences et Lettres
Le résumé du projet de Bordeaux

Précision (ajoutée vendredi 1er juillet)

Si les trois projets de Bordeaux, Strasbourg et Paris Sciences et Lettres, semblent avoir les faveurs du jury international, rien n’est pour l’instant définitif. Dans le cas des appels d’offres des instituts hospitalo-universitaires (IHU), le jury avait classé trois projets en tête (A+), puis trois autres projets (A) arrivant juste après. Le comité de pilotage, rassemblant le CGI, les représentants de l’Etat et le président du jury, avait décidé de qualifier six projets au lieu de cinq prévus. Il n’est dès lors pas interdit que le comité de pilotage valide plus de trois projets.