« Nos étudiants sont les futurs candidats qui postuleront au sein de vos entreprises ! » A l’occasion des rencontres du e-learning et de la formation mixte, le 23 novembre 2011, la directrice d’Ecoles Eco Services, le portail des services aux écoles, Adeline Schuld a fait part à l’auditoire des réticences des enseignants que son activité l’amène à rencontrer face aux problématiques de formation numériques. « J’ai parfois entendu l’expression « vendre son âme à Internet » dès lors que nous évoquions les pédagogies numériques ». Et la directrice du portail de déplorer le retard pris par la France en matière de e-learning par rapport aux États-Unis, bien sûr, mais aussi de pays francophones comme la Belgique, le Québec ou la Suisse.

« 17% des salariés français ont suivi une formation en e-learning… Nous sommes encore loin des 37% enregistrés en Allemagne » a-t-elle regretté. Cependant, l’enseignement public ou privé, secondaire ou supérieure commence à entr’ouvrir leurs portes au formations numériques. « Contrairement à une idée reçue, le e-learning n’est pas réservé aux seuls grands instituts qui disposeraient du budget nécessaire pour acheter ces produits. Au contraire, il touche tous types d’écoles ». A titre d’exemple, Adeline Schuld a cité le réseau des CFA qui, désormais, recourt à ce dispositif de formation pour distiller ses apprentissage tant auprès des alternants que des publics venus au titre de la formation professionnelle continue. Demeure toutefois, le manque d’interlocuteurs informés au sein de ces établissements : « mis à part les grandes écoles, il est rare que des instituts d’enseignement disposent d’un responsable e-learning » a souligné la directrice d’Ecoles Eco Services qui a cité l’exemple de cette école qui possédait un dispositif de e-formation… dont même le directeur ignorait l’existence car acquis par son prédécesseur qui n’avait pas jugé nécessaire de l’en informer.

Pourtant, aux dires d’Adeline Schuld, le recours au e-learning peut représenter un gain de temps pour l’enseignant, comme pour ses élèves et constituer un véritable processus d’individualisation de la formation. « La plupart des plateformes LMS sont accessibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 » a-t-elle indiqué. « Elle permettent à chacun de s’y connecter selon ses disponibilités et ses besoins. Il en va de même pour les cours par téléphone qui peuvent être annulés et reportés au dernier moment. Attention à l’addiction, cependant, il m’est arrivé de rencontrer une élève devenue accro à la connexion. C’est rare, mais le sujet doit être évoqué ».

Aussi, le recours à des tuteurs ou des accompagnateurs n’en demeure pas moins essentiel afin de corriger les mauvaises pratiques, à l’image d’un établissement d’enseignement qui avait certes déployé un processus e-learning à son siège, mais pas dans ses antennes locales « N’hésitez jamais à faire tester les plateformes par des formateurs » a-t-elle rappelé, « une plateforme LMS n’est pas un jouet dotés de beaux graphismes et enrobé par une belle communication : c’est un dispositif pédagogique. Une bonne plateforme ne doit pas être plus compliquée à utiliser que Facebook ». Et de rappeler, également, qu’une plateforme de qualité doit pouvoir se bloquer au bout de quelques minutes sans interaction constatée afin d’éviter la connexion passive. « Conviviale, ludique, simple » a résumé Adeline Schuld.

Benjamin d’Alguerre-  Le Quotidien de la formation
24/11/2011