En 2009, le Groupe de l’inspection générale des langues vivantes en France a été missionné par le Ministère de l’Éducation nationale pour observer et décrire les évolutions dans l’enseignement des langues sous l’effet des technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (TICE).

A l’issue de cette mission qui a consisté en de « nombreuses observations de classes« , un rapport de 81 pages intitulé « Modalités et espaces nouveaux pour l’enseignement des langues » a été déposé en novembre 2009 sur la table du Ministre. Ce rapport en téléchargement libre recense les innovations pédagogiques en matière d’enseignement des langues, analyse les conditions de leur mise en œuvre, de leur efficacité et de leur transférabilité.

L’usage de six dispositifs (outil + modalités d’usage) en enseignement des langues a été particulièrement documenté dans ce rapport. Il s’agit, pour les nommer tous :

  • de la baladodiffusion,
  • du tableau blanc interactif,
  • du laboratoire de langues multimédia,
  • de l’espace numérique de travail (ENT),
  • des outils numériques d’aide à l’évaluation des compétences,
  • et de la visioconférence.

Pour chaque dispositif, le rapport indique les usages, les apports pédagogiques, les limites – s’il y a lieu – et formule quelques préconisations.

Essentiellement, il faut retenir de ce rapport que les modalités de l’enseignement des langues changent du fait de l’introduction des TICE et encore plus du « bain multimédia » dans lequel sont plongés les apprenants. Les pratiques pédagogiques se doivent d’être actualisées en tenant compte de cette réalité. Car les pratiques qui perdurent jusqu’à aujourd’hui apparaissent quelque peu décalées : les profs de langues ont été formés pour « faire un cours de 50 minutes dans lequel on allait de la compréhension globale à la compréhension détaillée et à l’expression orale puis écrite et ceci trois fois par semaine sur cinq ans avec une régularité de métronome » comme le souligne Annie Lhérété, l’une des participants à la mission d’étude.

Les trois moments

De nos jours, l’enseignement des langues ne peut se limiter à la seule rencontre entre le prof de langue et l’apprenant dans la salle de classe traditionnelle. De nouveaux espaces d’enseignement-apprentissage, notamment les espaces numériques de travail, les réseaux sociaux, ont vu le jour tout comme des outils permettant de collecter les productions orales des apprenants.

L’enseignement des langues doit pouvoir se faire dans l’espace-temps de la classe et en dehors. Pour ce faire, il doit être pensé en tant quel, globalement. On distingue alors trois moments dans cet enseignement :

  1. L’amont du cours dévolu aux activités de réception. Il s’agit d’une phase individualisée au cours laquelle l’enseignant met en œuvre une pédagogie différenciée afin de répondre aux besoins spécifiques de chaque apprenant.
  2. Le cours lui-même. C’est la phase d’interaction et de réalisation d’un travail collectif. Au cours de celle-ci, les apprenants sont appelés à apprendre et à mémoriser des éléments de langue nouveaux.
  3. Enfin, l’aval du cours. Cette troisième et dernière phase est faite de construction d’un portfolio qui servira d’outil de référence à l’apprenant. Ainsi celui-ci garde une trace de son parcours afin de pouvoir évaluer sa progression.

La lecture de l’intégralité de ce rapport est vivement recommandée à toute personne qui s’intéresse à cette problématique ou désire innover dans sa classe.

http://cursus.edu/dossiers-articles/dossiers/39/les-langues-les-tice-communaute/articles/17506/les-trois-moments-enseignement-des-langues/