Michael Wesch est un enseignant et conférencier reconnu, actif dans la promotion de nouveaux modèles d’enseignement participatif avec les technologies. Professeur d’anthropologie culturelle à l‘Université d’état du Kansas, gagnant de plusieurs prix et reconnaissances en enseignement, il a cependant été confronté à multiples reprises à des professeurs qui lui faisaient part de leurs insuccès en tentant de copier ses méthodes (Un exemple vidéo ici); à tel point qu’aujourd’hui, il reconsidère ses propres conseils et retourne aux fondamentaux de l’enseignement.

Ce n’est pas qu’il prétende que les technologies soient inutiles ou inefficaces, mais plutôt que si elles ne contribuent pas à enrichir ou intensifier les relations entre le professeur et ses élèves, elles ne seront alors que de coûteuses distractions.

En fait, l’élément caractérisant la plupart des échecs des professeurs avec les technologies tient à l’absence de but. Utiliser les technologies pour utiliser les technologies ne mène à rien.  Mais si on les utilise, par exemple, pour intensifier le lien avec les étudiants, on a alors au moins une bonne raison de continuer.

Si on commence à s’attarder sur des éléments techniques ou de présentation, on s’éloigne du but. Si au contraire on rejoint mieux les étudiants, alors le professeur et les étudiants y gagnent.

En classe, il y a un professeur

Ceci vaut évidemment dans un contexte de classe où le professeur, guide ou animateur est le « responsable » de ses étudiants. Le rapport éducatif traditionnel est nécessairement remis en question par les effets de la communication étendue où celle-ci transite sans l’intermédiaire d’un responsable. D’autres modèles d’apprentissage maintenant rendus possibles par les technologies se développent, dans lesquels ce rapport de responsabilité n’a pas cours de cette manière, spécialement dans la formation à distance. L’utilisation des technologies appelle de nouveaux modes de fonctionnement.

Quand l’automobile est apparue, on s’est vite rendu compte que les écuries, même les mieux construites, n’étaient pas adaptées comme espaces de stationnement. Pourtant la fonction de transport était identique.

Des as de l’enseignement traditionnel constatent en toute bonne foi que les technologies bouleversent ce qui fonctionnait très bien pour eux.  Effectivement, sans remise en question des rapports entre les profs et les élèves, l’utilisation des TIC demeure superficielle et finalement insignifiante, n’apportant aucun avantage réel. Alors pourquoi les utiliser ? M. Wesch apporte une réponse à cette question : pour intensifier les rapports entre le prof et les étudiants; autrement, elles ne servent effectivement pas à grand chose dans ce contexte.

Référence : A Tech-Happy Professor Reboots After Hearing His Teaching Advice Isn’t Working