Planifier et organiser ses cours

En juin dernier, le Portail du soutien à la pédagogie universitaire du réseau de l’Université du Québec a mis en ligne  et rendu ainsi accessible à tous une présentation PPT, Planifier et organiser ses cours, destinée aux conseillers pédagogiques ayant à former des enseignants sur les moyens et l’importance de planifier chaque leçon.

Ce document pourrait s’avérer utile aux professeurs néophytes découvrant leur nouveau métier. Même si enseigner est un art, il faut parfois des conseils pratiques de base pour passer la première année d’enseignement sans renoncer et entretenir sa motivation. Une professeure expérimentée m’avait judicieusement conseillé, à mes débuts, d’attendre quelques années avant de décider quoi que ce soit. Cinq ans plus tard, je donnerais moi aussi cet avis à un nouvel enseignant ; un professeur ne se fait pas en une session. Et j’ajouterais que les années n’effacent pas tous les doutes et les questionnements.

Réalisée par Martine De Grandpré, conseillère pédagogique à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Planifier et organiser ses cours donne les bases de la planification et des outils pédagogiques (des tableaux de pré et post-prestation) y sont proposés.

Le court document de 21 diapositives rappelle d’abord l’importance de varier les méthodes pédagogiques et propose des alternatives à l’exposé magistral,  dont les limites ont été maintes fois soulignées.  Le document présente une liste de postulats qui expliquent  les raisons pour lesquelles l’exposé magistral serait retenu comme seule méthode pédagogique par certains enseignants, par exemple, cette assertion voulant que la matière que les professeurs enseignent  est assez intéressante pour capter l’attention des étudiants ou encore que ces derniers apprennent en écoutant. On le sait, ce n’est pas le cas de tous et les styles d’apprentissage sont variés. De plus, aucun sujet n’est « intéressant » pour tout le monde. Il serait utile, avant de lire ces idées reçues, de se poser la question à soi-même : qu’est-ce qui me pousse à utiliser l’exposé magistral en classe ?

Par ailleurs, Martine de Grandpré donne le lien vers un autre document disponible en ligne, Activités pour encourager l’apprentissage actif durant les cours. Conçu en 2011 par Anastassis Kozanitis, conseiller pédagogique du Bureau d’appui pédagogique de Polytechnique Montréal, le document pdf décrit des méthodes pédagogiques pour favoriser l’apprentissage actif, en donne les procédures, la durée et les avantages d’une manière concrète et claire, à l’aide d’exemples éloquents.

Planifier et organiser ses cours donne ensuite les grandes bases du plan de leçon (malencontreusement appelé plan de chaque cours par De Grandpré) : ses avantages, ce qu’il faut y consigner, notamment la durée de chaque activité et la part qu’y prend l’enseignant d’une part, celle que prennent les étudiants, d’autre part. Comme nouvel enseignant, on a souvent tendance à ne préparer que sa partie et les sujets à aborder , à ne pas trop s’attarder à ce que réaliseront les étudiants durant ce temps. Or, le fait de nommer les tâches des étudiants aide à mieux planifier son enseignement et à voir la part de chaque méthode d’enseignement et d’apprentissage pour les deux parties. La présentation de Martine de Grandpré servira d’introduction à cet aspect de la préparation des leçons et aidera l’enseignant à réfléchir sur sa pratique.

Finalement, le diaporama incite à varier ses méthodes pédagogiques pour favoriser l’apprentissage chez les étudiants ; quelques conseils pratiques sont donnés, notamment pour varier le rythme, puisque l’attention des étudiants est à son plus bas après vingt minutes,  et pour les faire participer activement à leurs apprentissages.

Enseigner ce qu’on ne connaît pas

Sur son blogue Pédagogie universitaire – Enseigner et Apprendre en Enseignement Supérieur, Amaury Daele, conseiller pédagogique à l’Université de Lausanne, traite d’un sujet quasi tabou en enseignement :  Enseigner ce qu’on ne connaît pas. C’est pourtant souvent le lot des nouveaux enseignants que de donner leurs premiers cours sur des sujets qui ne cadrent pas précisément avec leurs compétences, malgré leur expertise dans une discipline, et de vivre dans l’inquiétude en espérant que les étudiants ne posent pas les « mauvaises » questions.

Ce fut mon cas à mes débuts et j’ai souvent été tentée de jeter l’éponge. Dans son article de juillet 2012, Daele reprend de manière très intéressante certaines grandes lignes d’un ouvrage écrit en 2009 par Therese Huston, Teaching what you don’t know, qui propose  des façons  dont on peut, comme nouveau professeur ou comme professeur confronté à une nouvelle matière à enseigner, concilier son propre apprentissage des notions à maîtriser et l’impossibilité de tout savoir à ce sujet en un court laps de temps. Pour Huston, que résume et cite Daele sur son blogue, la solution est de rassembler une bibliographie sur le sujet, de planifier les leçons selon les sujets essentiels à aborder pour ensuite créer des situations d’apprentissage dans lesquelles les étudiants pourront explorer les principaux aspects d’un domaine, en classe et hors classe.

La proposition est louable et logique -et elle pourra aider les nouveaux profs à se débrouiller avec leurs premiers cours-  puisqu’elle est la seule possible si on ne veut pas renoncer complètement au sommeil, à sa vie familiale ou à sa vie sociale quand on donne un nouveau cours. Mais elle n’empêchera pas l’important volume de travail, ni probablement les malaises, les hésitations et les faux-pas (et parfois, les erreurs) inévitables et propres aux premiers cours des nouveaux professeurs. Heureusement, on corrigera le tir aux prestations suivantes, année après année, et finalement on se souviendra, au mieux en riant, de ses débuts.

http://cursus.edu/dossiers-articles/dossiers/81/motives/articles/18620/lectures-pour-entretenir-motivation-des-nouveaux/