Le Répertoire des jeux sérieux gratuits de Thot Cursus propose une nouvelle mouture avec ce dossier. Plus de vingt jeux nouveaux y ont été ajoutés, sur de nombreux sujets et pour tous les niveaux.

Jeux sérieux, jeux utiles, ces objets se font, bon gré mal gré, une place dans la grande famille des outils éducatifs et de formation. Certes, leur usage est largement plus répandu en Amérique du Nord qu’en Europe, surtout si l’on considère l’Europe latine, qui n’a jamais été enthousiasmée par la pédagogie du jeu que nous avions abordée dans un précédent dossier. C’est donc aux Etats-Unis qu’Alexandre Roberge, rédacteur expert ès jeux sérieux de Thot Cursus, a découvert le penseur le plus avancé en matière d’intégration des jeux dans les cursus scolaires. Lisez le compte-rendu de son entrevue et accrochez-vous, car ce qu’il dit ne vous laissera pas indemne.

Nous avons également découvert un fervent défenseur de l’usage du jeu pour l’apprentissage des langues étrangères du côté de la Turquie. Son argumentaire est convaincant et donne envie d’utiliser les multiples ressources pédagogiques et ludiques qui vous sont proposées par un inventif professeur d’anglais, présentées dans nos Ressources d’apprentissage.

En France, on parle beaucoup, et très bien, des jeux sérieux dans les universités. L’Université de Poitiers avait d’ailleurs organisé un brillant Campus d’été sur ce thème en septembre 2010. Mais comment assurer l’articulation entre la recherche universitaire et les usages effectifs dans les classes ? La question reste entière.

En revanche, la formation professionnelle s’est résolument emparée des jeux sérieux, à la grande satisfaction des travailleurs européens qui se sont exprimés sur la question au travers de l’enquête annuelle réalisée par Cegos. Jeux sérieux, apprentissages mobiles ou via les réseaux sociaux : ces nouvelles modalités d’accès à la formation se développent rapidement et brouillent les frontières entre le temps de formation et le temps personnel, le prescrit et le volontaire; l’essentiel étant pour l’utilisateur de conserver une certaine autonomie et de ne jamais perdre de vue la réalité concrète du travail à effectuer.

Serions-nous tous de grands enfants, à nous emballer de la sorte pour les jeux ? Certes non. A moins d’admettre que le jeu, quel qu’il soit et quel que soit l’âge auquel on le pratique, est définitivement une affaire fort sérieuse… Stéphane Natkin, dont il est question à plusieurs reprises dans ce dossier, nous donne une clé : en jouant nous avons l’impression d’être responsable de ce qui arrive dans le jeu. Engagement et responsabilisation ne sont-ils pas les qualités attendues de toute personne prenant ses apprentissages au sérieux ?