Qu’est ce que Lureva ?

Souhaitant afficher une cohérence régionale en matière de Validation des Acquis de l’Expérience, les quatre universités lorraines se sont engagées dans une démarche commune de réflexion et d’action tout en conservant leurs spécificités. Elles montrent ainsi leur volonté d’harmoniser leurs pratiques. Les universités lorraines s’organisent en réseau. Fruit de cette réflexion commune, LUREVA (Lorraine Université Reprise d’Etudes et Validation des Acquis) en est la concrétisation. Le pré-dossier marque la première étape de toute demande de validation des acquis dans l’enseignement supérieur en Lorraine.

La démarche de validation : un engagement

Faire retour sur son expérience n’est pas une mince affaire… Il s’agit en effet, outre le fait de faire appel à sa mémoire, de sélectionner les moments importants de son parcours professionnel et personnel et de faire le point sur les acquis qui en résultent. Élaborer votre dossier est un travail d’explicitation dont le but est de fournir la preuve. Que vous avez construit au cours de votre parcours personnel et professionnel des aptitudes, connaissances et compétences comparables à celles qui sont attendues d’un étudiant diplômé. Que vous disposez d’un certain « recul » sur votre expérience: vous êtes capable de la décrire et de l’analyser. Le dossier est votre premier passeport pour la validation des acquis de votre expérience. Il enclenche une démarche importante pour vous qui n’est pas sans difficulté, qui exige du temps, mais qui peut se révéler formatrice pour vous Elle constitue un moment privilégié dans votre parcours de rencontre avec le monde universitaire de valorisation de votre expérience auprès d’autres personnes.

L’expérience regarde proprement la vérité des choses; elle décide de ce qui est ou de ce qui n’est pas, éclaircit le doute et dissipe l’ignorance. Dictionnaire des Synonymes Guizot.

Je n’ai rien étudié tout vécu et cela m’a appris quelque chose. Antonin Artaud.

Les acquis de l’expérience : une richesse à explorer

Par acquis, on entend :

  • Ce que l’on sait.
  • Ce que l’on sait devoir faire dans telle ou telle situation et de quelle manière parce qu’on l’a appris en formation, en milieu professionnel, dans la vie… Ce sont les connaissances que l’on a intégrées.
  • Ce que l’on sait faire.
  • Ce que l’on sait pouvoir mobiliser dans une situation précise parce qu’on l’a déjà expérimenté, en milieu professionnel, dans la vie… Ce sont les qualités générales, professionnelles et sociales que l’on a développées, les compétences que l’on a construites.

Les différents types d’acquis susceptibles d’être pris en compte par le jury

Les acquis de formation : C’est à dire les acquis développés à l’occasion d’un passage en formation (initiale ou continue). Ceux liés aux formations sanctionnées par un titre que vous avez suivies en partie ou en totalité. – Une formation validée partiellement peut être mentionnée à condition d’expliciter les raisons de la validation partielle. – Une simple inscription administrative à l’université ne présente que peu d’intérêt pour le jury. – Il reste important pour le jury de connaître le niveau d’études que vous avez atteint même si ce n’est qu’un élément d’information parmi d’autres. Mettre en évidence les connaissances qu’elles ont permis d’acquérir. Ceux liés aux formations non sanctionnées par un titre: Ils correspondent aux connaissances que vous avez construites dans un cadre de formation et que vous avez eu à mobiliser en situation professionnelle ou autre. – Sont uniquement à mentionner les formations en rapport avec le diplôme que vous souhaiter obtenir.

Des acquis développés dans le cadre de votre vie professionnelle et sociale
Sont à sélectionner les expériences les plus proches des attendus du diplôme que vous souhaiter obtenir. Des expériences salariées ou non salariés développées tout au long de votre parcours professionnel. Des expériences développées dans le cadre d’activités bénévoles que vous avez menées. Mettre en évidence en quoi elles sont signes de mobilisation d’aptitudes et de connaissances. Montrer en quoi elles expriment des compétences.

Des acquis liés à votre parcours personnel
Mettre en évidence vos occasions d’apprentissages autodidactes.

L’accompagnement : une fonction indispensable
Il vous permet de confronter votre point de vue à d’autres perceptions, différentes des vôtres. Il vous permet de « prendre du recul « . Il vous permet de travailler avec méthode. Il est l’occasion de rencontre avec des experts liés à votre champ professionnel.

Petit glossaire utile

  • Activité : Ensemble des tâches effectivement réalisées par la personne pour réaliser un objectif identifié (une mission) et qui correspondent à des fonctions de l’entreprise.
  • Classification : Hiérarchie des emplois établis par les diverses conventions collectives (nationales, locales, d’entreprise), assortie de coefficients hiérarchiques, énumérant par branche professionnelle les qualifications professionnelles des salariés qui sont appelés à tenir ces emplois.
  • Emploi : Notion relative : situations relatives définies par une organisation sociale d’entreprise (répartition des hommes et des postes) et une division technique du travail (processus et procédés), ex.: régleur, agent de maintenance dans une petite et moyenne ou une grande entreprise, sur un chantier.
  • Fonction : Ensemble d’activités dans l’entreprise qui concourent aux mêmes finalités (fonction gestion, maintenance, qualité …). La fonction comporte une dimension collective, elle est liée à l’organisation.
  • Métier : Notion plus large que celle d’emploi et liée à la personne et ses qualifications plus qu’au contexte. Un même métier peut s’exercer dans différents emplois et différentes entreprises. Le métier nécessite des connaissances et compétences qualifiés, acquises par apprentissage au sens large du terme. Il permet soit d’être salarié, soit d’être travailleur indépendant. Il se rapproche en ce sens de la profession, ex : architecte, expert-comptable.
  • Mission : Ensemble d’objectifs assignés à un individu ou un collectif de travail qui précisent les résultats attendus.
  • Poste (de travail) : Moment de la division du travail à son niveau le plus détaillé. Notion plus restreinte que celle d’emploi : endroit où les tâches s’effectuent (surtout employés, ouvriers, c’est à dire l’affectation qui, en règle générale, ne constitue pas un élément essentiel du contrat de travail (mutation possible à l’intérieur d’un atelier ou d’un service, d’un atelier ou service à un autre).
  • Qualification : Intitulé précis de l’emploi ou du poste (comptable, directeur commercial…) tel qu’il résulte des conventions collectives. D’un point de vue juridique, la qualification définit les aptitudes professionnelles à remplir tel ou tel emploi tel qu’il est défini dans la classification des emplois, elle détermine le statut catégoriel du salarié. La qualification ne figure pas sur le bulletin de paie, sauf si la convention collective le prévoit, seul l’emploi doit figurer sur le bulletin et en cas de rupture de contrat, sur le certificat de travail).
  • Tâche : Travail déterminé que le salarié est tenu d’effectuer à son poste, défini par un objectif et une durée.

L’entretien avec le jury

  • Avant le passage devant le jury :
    – Bien relire votre dossier afin d’être prêt à répondre à toute demande de précisions
    – Lister les points que vous souhaitez absolument aborder
    – Refaire le point avec votre accompagnateur sur l’étendue « raisonnable » de votre demande (validation totale ou partielle).
  • Pendant le passage devant le jury :
    – Ne pas être sur la défensive, être au contraire prêt à expliciter argumenter. L’entretien n’a pas pour but de remettre en cause l’existence de votre expérience. Le contrôle des conditions requises a en effet été effectué en amont. L’entretien a pour objectif d’apporter des précisions sur les connaissances et compétences acquises lors de votre expérience.
    – Centrer vos interventions sur ce que vous avez conçu et réalisé vous-même. C’est de votre expérience propre qu’il s’agit et non de celle de votre entreprise ou organisation. La démarche de VAE est une démarche strictement individuelle. Elle repose sur l’exploration de l’expérience de chacun qui est spécifique, singulière. Même si vous avez été amené à travailler au sein de collectifs de travail, c’est bien sur vos acquis que portera l’évaluation.
    – Être le plus précis et le plus concis possible. Il ne s’agit pas de décrire par le menu l’intégralité de votre parcours mais de mettre en évidence ce que vous appris de particulier au travers de votre expérience et qui peut être comparé aux attendus du diplôme visé.
    – Utiliser votre registre de langue habituel. Il ne s’agit pas « d’habiller » votre pratique avec des termes empruntés aux savoirs universitaires, il s’agit bien plus simplement d’expliquer à des experts universitaires et à des professionnels ce que vous savez, savez faire et savez devoir faire dans votre pratique.

Les enjeux

L’espace de certification occupé jusque-là par la formation initiale et la formation continue s’étend avec la Validation des Acquis de l’Expérience. La V.A.E. recouvre des enjeux importants pour l’ensemble des acteurs présents dans cet espace reconfiguré. –

  • Enjeux sociétaux : Permettre à chaque adulte l’accès aux systèmes d’éducation et de formation tout au long de sa vie. Élever le niveau de qualification.
  • Enjeux individuels : Faire le point sur ses acquis en vue de bâtir un projet personnel et professionnel. S’inscrire dans un parcours adapté à son profil, ses motivations, ses capacités, ses compétences, ses disponibilités et son projet. Évoluer professionnellement dans une logique d’insertion, de progression ou de reconversion. Faire reconnaître et certifier ses acquis construits en dehors des espaces de formation institués. Officialiser son niveau de compétence et acquérir une légitimité nouvelle au sein de l’entreprise comme de la vie sociale. Confirmer et/ou compléter ses connaissances.
  • Enjeux économiques : Accroître les perspectives de mobilité des personnes. Garantir la mobilité professionnelle. Professionnaliser les activités pour faire émerger et reconnaître les compétences mises en œuvre dans les métiers en évolution et les nouveaux métiers. Favoriser l’employabilité de tout individu dans une logique de gestion des compétences. Réduire la durée de la formation et son coût pour en faciliter l’accès au plus grand nombre.

Le guide de l’accompagnateur

L’accompagnement : une posture

L’accompagnateur est un guide. Il connaît les cheminements possibles, il fournit des indices et des repères, indique les obstacles éventuels. L’accompagnateur est un tiers bienveillant. Il écoute, aide à formuler. Il ne juge pas. L’accompagnateur instaure un dialogue formatif avec le candidat afin de lui permettre d’instruire son dossier de la meilleure façon. L’accompagnateur n’est pas un évaluateur. Son rôle n’est pas d’évaluer (le jury seul évalue), son rôle est un rôle pédagogique : celui de créer et d’aménager les conditions qui vont permettre au candidat d’élaborer et présenter un dossier pertinent. L’accompagnateur n’est pas un instructeur. Son rôle n’est pas de mener pas à pas le candidat dans une démarche prédéterminée mais de le conseiller et le guider dans ses démarches propres. L’accompagnateur n’est pas un traducteur. C’est le candidat et le candidat seul qui rédige son dossier, l’accompagnateur aide à formaliser l’expérience vécue.

L’accompagnement : des interlocuteurs variés

  • Le conseiller VAE : Il est proposé par l’université qui valide. Il accompagne le candidat de manière personnalisée tout au long de sa démarche. Il indique les procédures à suivre. Il favorise et organise la formalisation des acquis de l’expérience.
  • L’expert du diplôme : Il est contacté par le candidat par l’intermédiaire du conseiller VAE (quelquefois, il s’agit de la même personne). Il explicite les attendus du diplôme : les objectifs, les contenus… Il met éventuellement en lien avec d’autres interlocuteurs : enseignants, anciens étudiants, professionnels…
  • L’expert professionnel (directeur des ressources humaines ou faisant fonction, supérieur hiérarchique, collègue de travail…). Il peut être contacté par le candidat en fonction des besoins de sa démarche (en lien avec le conseiller VAE). Il aide à la reconstitution et à la reconnaissance par le candidat des acquis de son expérience propre (au sein de l’entreprise ou de l’organisation). Il aide à constituer et rassembler les preuves.

Phase d’accueil et de contractualisation

Faire le point sur les attentes du candidat :

  • A-t-il ciblé le « bon » diplôme ? (dont les contenus sont suffisamment proches de son expérience).
  • Envisage t-il d’emblée une validation totale ? Partielle ? Quel est son projet ? Pour quelles raisons souhaite-t-il obtenir un diplôme ?

Vérifier avec le candidat :

  • Qu’il remplit les conditions pour accéder à la VAE (3 ans cumulés d’expérience salariée, non salariée ou bénévole) en rapport direct avec le contenu du diplôme visé).
  • Que son projet est réalisable compte tenu de la nature et de la durée de son expérience.

Clarifier les enjeux et les règles du jeux :

  • Définir clairement le référent et les critères
    – Comment le jury va-t-il évaluer ?
    – A partir de quels critères ?

Expliciter les indicateurs :

  • Indiquer clairement ce qu’il est demandé de fournir :
    – Une présentation réfléchie de son expérience,
    – portée dans un dossier,
    – et étayée par des preuves argumentées.

Indiquer les conditions relatives aux enjeux et au contexte relationnel de la démarche :

  • Quel est l’engagement de chacun?
    – Le candidat s’engage dans une démarche « d’auto-évaluation accompagnée ».
    – L’accompagnateur s’engage à fournir des moyens pédagogiques à cette auto-évaluation.

Préciser les conditions matérielles et pratiques :

  • Quelle planification de la démarche?
    – Le nombre de rencontres, individuelles, collectives.
    – Le temps prévu pour ces rencontres.
    – Les échéances : date du jury notamment.
    – Présenter le dossier : Les différents items et leur signification. La nature des différentes preuves à fournir. Établir sur ces bases le contrat d’accompagnement.

Phase d’exploration du parcours
Quelques exemples de questionnements utiles, liste non exhaustive, à utiliser lors d’entretiens individuels ou de groupe.

Les étapes

  • Si l’on organise votre parcours en grandes étapes :
    – Quelles seraient les étapes ?
    – Comment les nommeriez-vous ?

Les continuités, les ruptures :

  • Quels sont les points communs entre ses différentes étapes? Les points divergents?

Les apprentissages :

  • Que retenez vous de particulier de chacune de ces étapes ?
  • Qu’y avez-vous appris de nouveau? A quel propos? A propos d’autrui ? Sur vous-même?
  • En quoi cela influence-t-il vos actes aujourd’hui?

Les échecs, les réussites :

  • Quels sont les évènements de votre parcours qui pour vous constituent des échecs? En quoi?
  • Quels sont les évènements de votre parcours qui pour vous constituent des réussites? En quoi?

L’idéal :

  • Quel aurait été pour vous le parcours idéal ?

Deux écueils à éviter :

Une instruction trop précipitée du dossier

  • Entrer trop rapidement dans la rédaction du dossier risque d’en appauvrir le contenu. Confondre validation et évaluation.
  • Entrer systématiquement dans une comparaison terme à terme des résultats de l’expérience et des objectifs du diplôme visé n’est pas le but recherché.

Phase d’exploration des activités

Contextualisation :

  • Que vous était-il demandé ? Par qui ?
  • Quel était le résultat attendu ? Par l’organisation, par vous-même?

Explicitation :

  • Comment avez-vous opéré?

Identification des ressources internes et externes mobilisées :

  • De quoi avez vous eu besoin pour mener à bien la tâche ? Quelles connaissances ? (ce que vous savez, ce que vous savez devoir faire?) Quels savoir-faire? (ce que vous savez faire) Quelles qualités? (ce que vous mobilisez de vous-même)

Retour sur ses succès, ses insuccès et ses blocages (décontextualisation) :

  • Le résultat obtenu a-t-il été conforme :
    – aux attentes de l’organisation ?
    – à vos attentes propres ? en quoi ?
  • Vous n’avez pas réussi :
    – Comment expliquez-vous cet insuccès ?
    – S’est-il produit dans d’autres circonstances ?
  • Vous avez réussi :
    – Comment expliquez-vous ce succès ?
    – S’est-il produit dans d’autres circonstances ?

Formalisation des connaissances et des compétences mobilisées (recontextualisation, généralisation) :

  • Que faut-il nécessairement connaître pour réussir cette activité ?
  • Que faut-il nécessairement savoir faire pour réussir cette activité ?
  • Quelles qualités faut-il posséder pour réussir cette activité?

Formalisation des aptitudes :

  • Imaginez cette activité reprise par une autre personne dès demain. Quelles consignes et conseils lui donnez-vous, afin de lui permettre d’être efficace ?

Identification des acquis en situation :

  • Qu’avez-vous appris de nouveau à partir de l’exercice de cette activité ?

Phase d’élaboration du dossier :

Sélectionner avec le candidat les éléments de son parcours qui sont en rapport direct avec le diplôme auquel il postule, afin de les présenter dans son dossier de façon lisible et compréhensible pour le jury.

Les acquis de formation :

  • Les formations suivies : en inter ou intra entreprise, en formation professionnelle continue, à la demande de son employeur, à son initiative personnelle, diplômantes ou non diplômantes. Mettre en évidence les connaissances qu’elles ont permis d’acquérir.
  • Les acquis professionnels : Les activités réalisées en milieu professionnel salariées, non salariés. Les activités bénévoles. Mettre en évidence en quoi elles sont signes de mobilisation d’aptitudes et de connaissances. Montrer en quoi elles expriment des compétences.
  • Les acquis personnels : Les activités réalisées dans le cadre d’une activité personnelle :
    – sociales,
    – individuelles,
    – voyages,
    – lectures,
    – écriture,
    – réalisations artistiques ou autres.
    Montrer qu’elles ont été occasion d’apprentissages autodidactes.

Rassemblement des preuves :

Deux sortes de preuves vont être généralement annexées au dossier de validation.

  • Les preuves administratives : La liste des pièces justificatives à joindre au dossier est fournie par l’administration universitaire.
  • Les preuves en appui de la présentation et de l’analyse de l’expérience : Afin d’éclairer le jury, le candidat peut joindre à son dossier divers documents : des productions ou réalisations personnelles: articles, publications, rapports professionnels, rédaction de projets, compte-rendus d’activités, brevets…

La VAE dans les entreprises

V.A.E et Management :

  • Faciliter l’accès au diplôme de vos salariés
  • Les fidéliser
  • Favoriser leur engagement dans l’entreprise en leur offrant de nouvelles perspectives d’évolution et par la reconnaissance des qualifications acquises.

V.A.E et Qualification et Compétences :

  • Inscrire les salariés dans un processus de développement des compétences
  • Améliorer la lisibilité des compétences internes
  • Gérer les mobilités professionnelles
  • Outiller une politique de ressources humaines en conciliant les intérêts du salarié et ceux de l’entreprise

V.A.E et Formation et Professionnalisation :

  • Professionnaliser les salariés grâce à des parcours adaptés et individualisés
  • Écourter la durée des formations
  • Rationaliser les coûts de formation
  • Accompagner les salariés dans les changements techniques et organisationnels.