Depuis 1744 les meilleurs lycéens français de terminale peuvent passer le concours général pour peu qu’un de leurs profs les y inscrive. Au programme de 15 000 candidats chaque année, les épreuves du bac mais en bien plus difficiles. Et pour que tous les profils y trouvent leur place, un concours général des métiers est ouvert spécifiquement aux bacs pros avec des disciplines comme l’ébenisterie. Dans tous les cas, le concours général est une épreuve hyper élitiste qui a l’avantage de mieux mettre en exergue la valeur des lycées que le bac.

Les Franciliens creusent l’écart

C’est logique, ce sont les plus prestigieux lycées qui emportent le plus de récompenses. Mais rarement les lycées de Paris et de la région parisienne en auront raflé autant. Six lycées franciliens sont en effet en tête. Derrière les parisiens Henri IV (43 prix !) et Louis Le-Grand (33) se trouvent en effet le lycée international de Saint-Germain en Laye (14 prix) puis le lycée franco-allemand de Buc (Yvelines), Saint-Louis de Gonzague à Paris et le lycée Hoche à Versailles.

En 2010, la répartition géographique des lauréats était plus équilibrée : Paris l’emportait certes mais avec 57 prix contre 75 cette année. Et en 2009, Paris n’en avait que 45. Cette même année, le lycée Henri-IV était déjà bien premier mais ce avec seulement seize récompenses. Et l’académie de Grenoble était deuxième quand c’est Versailles qui l’est cette année (41 prix). L’écart Paris-province s’est donc accentué ces deux dernières années au bénéfice de la région parisienne.

Derrière Paris et Versailles, la première académie non francilienne est cette année Nantes (20 prix) devant Strabourg (17) et Lyon et Nancy-Metz (16 prix chacune). Nantes l’emporte aussi au nombre de 1er prix (quatre) devant Lyon (trois). Quant aux élèves de Nancy-Metz, ils gagnent la palme de la deuxième marche du podium avec pas moins de sept 2ème prix. Au contraire Nice gagne la palme de l’efficacité : quatre prix dont 3 lauréats ! Selon qu’on compte ou non au nombre de « titres » (modèle « jeux Olympiques »), la voici donc 9ème ou 22ème.

Les garçons l’emportent

En tout parmi les 376 lauréats, 236 sont des garçons et 140 des jeunes femmes. La proportion de garçons est encore plus grande parmi les premiers prix avec 35 garçons pour 54 prix. Il est vrai qu’ils sont avantagés par les nombreux prix remis dans des disciplines technologiques et professionnelles : les 8 lauréats en arts de la pierre sont ainsi tous des garçons.

Les résultats sont plus équilibrés dans les 20 disciplines « classiques » avec, respectivement, 11 et 9 prix pour les jeunes filles et les garçons issus des filières générales (ES, L et S). Dans le détail, les jeunes filles l’emportent largement dans les langues (1er prix en allemand, anglais, arabe, chinois, hébreu, italien, portugais et russe pour un premier prix en espagnol pour les garçons), mais aussi en philosophie, en géographie et en version latine. Même en mathématiques c’est une jeune fille qui l’emporte (devant sept garçons !).

Toujours dans les prix remis aux bacheliers généraux, les garçons l’emportent eux en physique-chimie (une seule femme parmi les 18 lauréats), histoire (5 premiers prix), composition française (devant cinq jeunes filles), sciences de la vie et de la Terre, sciences de l’ingénieur, sciences économiques et sociales, thème latin et version grecque.

On ne sait pas ce qu’ils deviendront mais l’avenir leur semble tout tracé quand on sait que parmi leurs illustres prédécesseurs on trouve Charles Baudelaire, Alfred de Musset, Louis Pasteur, Victor Hugo, Robespierre et, plus proche de nous, Georges Pompidou ou Alain Juppé.

L’ensemble des résultats est sur Eduscol. Pour tout savoir sur le Concours général, allez sur le site des lauréats du Concours général.