A l’occasion de la publication par lexpress.fr du nouveau QS World University Ranking, l’Etudiant vous aide à décrypter les classements internationaux des universités qui se sont multipliés ces dernières années.

Lexpress.fr publie lundi 5 septembre 2011, la dernière édition du QS World University Ranking. Sans surprise, les universités anglophones trustent les premières places : la Britannique Cambridge est sur la première marche du podium, suivie de deux américaines, Harvard puis le MIT (Massachussets Institute of Technology). En dehors des Etats-Unis et du Royaume-Uni, on trouve dans le top 20 une université du Canada (Mc Gill, 17°) et une autre de Suisse (ETH Zurich, 18°).

12 Français dans le top 300

La France compte 12 établissements dans le top 300, dont l’Ecole normale supérieure (ENS) Paris (33e place), Polytechnique (36°), l’UPMC (119° place) et l’ENS Lyon (133°). Sciences po Paris arrive au 201e rang. Le QS World University Ranking est construit à partir de 6 critères : la réputation de l’université auprès du milieu académique (40 % de la note finale), la réputation auprès des employeurs (10%), le nombre de citations dans les revues scientifiques (20%), le taux d’encadrement par étudiant (20%), le taux d’enseignants internationaux (5%) et le taux d’étudiants internationaux (5%).

Se repérer dans les classements

Il existe de nombreux classements internationaux. Certains comme celui de Shanghaï, sont issus d’universités, d’autres proviennent d’organismes indépendants (le CHE allemand) ou de médias (le Times Higher Education). Chacun des créateurs de rankings a développé sa propre méthodologie. A la différence du QS World University Ranking, celui de Shanghai (Academic Ranking of World universities) mesure en priorité les performances de recherche. Par exemple, les anciens élèves lauréats de prix Nobel et de médailles Fields comptent pour 10 % du classement, les enseignants détenteurs de ces récompenses pour 20 % et les articles publiés dans les revues Nature et Science pour 20 % (voir la méthodologie). Concrètement, cela signifie qu’un millier d’universités dans le monde sont évaluées par l’ARWU et que seules 500 sont classées.

A qui s’adressent les classements ?

Suivant les critères retenus et leur pondération, les résultats vont intéresser plutôt la communauté scientifique des chercheurs, celle des dirigeants d’universités et des politiques, ou encore le grand public des étudiant et de leurs familles. Par exemple, le Financial times s’intéresse spécifiquement aux business schools et celui de The Economist est consacré aux Full Time MBA (MBA à plein temps). Face à la multiplicité des rankings et leur concurrence croissante, leurs auteurs affinent de plus en plus leurs critères et proposent de multiples versions. Le CHE allemand présente pas moins de 4 versions : un classement général des universités de langue allemande, un autre consacré à la recherche, un troisième consacré à l’excellence académique et un autre qui mesure l’employabilité des programmes bachelors.

Existe-t-il des classements disciplinaires ?

Par ailleurs, il existe de plus en plus de classements par champs disciplinaires : mathématiques, droit, sciences-politiques, etc… ou à des zones géographiques (Europe, Asie, …). Par exemple, le ranking d’excellence du CHE est proposé pour la biologie, la chimie, les mathématiques, la physique, les sciences-politiques, la psychologie et l’économie. Voici par exemple la place des universités françaises dans le classement d’excellence du CHE.

De son côté, QS propose une vingtaine de rankings différents pour l’histoire, la sociologie, les mathématiques, la médecine, les sciences de l’environnement, le génie chimique, le génie électrique, le génie mécanique, les sciences informatiques…

Au final, quelle est l’utilité de ces classements pour l’étudiant ?

Une récente enquête de l’organisme Campus France (avril 2011) l’a montré : 56 % des étudiants interrogés disent ne pas se sentir concernés par les classements. Pour un étudiant voulant choisir un établissement, la position de ce dernier dans un ranking peut constituer un critère de choix parmi d’autres. Il lui donne des indices sur le rayonnement international de l’établissement, sa réputation dans le milieu de la recherche et des employeurs, parfois son taux d’encadrement. Au-delà, un classement mondial ne lui dira rien sur la qualité des cours, de l’ambiance, de l’animation du campus… autant d’éléments difficilement quantifiables dans un tableau. Dans tous les cas, il est toujours conseillé de ne pas se limiter à un seul palmarès, mais de comparer les résultats d’un classement à ceux d’un autre. Il faut se rappeler que seule une minorité d’établissements d’enseignement supérieur dans le monde y est évaluée. Si votre école n’y est pas classée, cela ne signifie donc pas pour autant qu’elle est de second choix.

Mathieu Oui – L’étudiant
5/09/2011