Le statut d’Etudiant Entrepreneur permet aux jeunes d’élaborer leur projet en étant accompagné dans leurs démarches.

L’entrepreneuriat étudiant hexagonal était, il y a peu encore, à la traîne au regard de ses voisins européens. C’est pourquoi le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a créé en 2014 le statut d’Etudiant Entrepreneur. Censé encadrer et faciliter les démarches des jeunes avides d’aventures entrepreneuriales, il leur permet d’élaborer un projet (en accédant notamment à un espace de coworking) au sein d’un pôle PEPITE.



Un peu plus de 24 mois plus tard, l’heure est à un premier bilan. Et il est au-delà des espérances. Sur l’ensemble du territoire, le nombre fixé de 29 pôles, qui accompagnent localement les étudiants créateurs d’entreprise, a été atteint. « Alors que 116 000 étudiants ont suivi des modules de formation à l’entrepreneuriat, le nombre de bénéficiaires du statut d’Etudiant-Entrepreneur double chaque année. Il y a cinq ans, les jeunes voulaient rejoindre des grandes entreprises. Désormais, ils songent à créer la leur », insiste Thierry Mandon, secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement Supérieur et de la recherche.

Matthias Bruno, 26 ans, de Lyon (Rhône), a créé Submind Freediving, une marque d’équipements pour la pratique de l’apnée. Il confirme les bienfaits de ce statut. « Le principe de tutorat mis en place m’a permis de gérer les pics émotionnels inhérents à la création d’entreprise, tant au niveau de la mise en confiance que de la canalisation d’un enthousiasme excessif. »

Déficit de notoriété

Les secteurs les plus concernés par le statut d’étudiant entrepreneur sont le numérique, l’informatique et les services liés à l’environnement et la solidarité. Pour autant, tout n’est pas encore parfait. Si le statut bénéficie d’un niveau de satisfaction élevé auprès de ceux qui y ont souscrit (76 %), il est encore victime d’un déficit de notoriété : seulement 40 % des étudiants en ont entendu parler. Une nouvelle campagne de publicité nationale, sur les écrans début 2017, et la mise en place, fin janvier, d’un portail Web qui simplifie toutes les démarches, devraient y remédier.

« Il nous faut aussi augmenter le taux d’étudiants-entrepreneurs féminins », estime Thierry Mandon. Il insiste aussi sur la nécessité, à l’avenir, de mettre en valeur des réussites emblématiques d’entreprises ayant vécu leurs premiers pas sur des campus : « Nous avons besoin de success stories pour créer des vocations ».

Article du supplément Le Parisien Eco 19/12/2016