Plus de la moitié des diplômés de 2011 n’ont pas réussi à s’insérer sur le marché du travail. Un tiers n’ont même jamais occupé aucun emploi. Leurs salaires marquent aussi le pas.
Alors que les chiffres de l’emploi pour le mois d’avril, attendus ce soir, s’annoncent mauvais, l’AFIJ (association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés) vient de publier une étude qui montre que la situation est particulièrement difficile pour les jeunes diplômés (BTS ou plus). Plus de la moitié d’entre eux (57 %) étaient ainsi sans emploi au mois d’avril dernier. Et parmi ceux qui déclarent travailler, 42 % ne disposent que d’un contrat d’une durée inférieure à six mois. Pire, près du tiers n’ont occupé aucun poste depuis la fin de leur cursus.Ces chiffres, similaires à ceux publiés l’année dernière à la même époque, confirment la lenteur de l’insertion des jeunes et «la persistance du caractère non linéaire des parcours d’insertion de la majorité des jeunes diplômés», souligne l’association. Pour l’AFIJ, les jeunes alternent période d’activité et chômage et subissent les temps partiels ou les emplois alimentaires avant de décrocher un emploi stable.L’étude annuelle du cabinet de conseil Aon Hewitt n’est pas plus optimiste. Si 69 % des entreprises interrogées prévoient d’embaucher au moins autant de jeunes diplômés en 2012 qu’en 2011, le cabinet souligne que la tendance globale est à la diminution des prévisions de recrutement. Aon Hewitt note que tous les secteurs seront affectés. La filière finance et contrôle de gestion qui reste la principale pourvoyeuse d’emplois marque aussi le pas. Seules 43 % des entreprises de ce secteur pensent recruter cette année, alors que 60 % l’ont fait l’année dernière. Point positif: les entreprises sont cette année, plus nombreuses à affirmer qu’elles signeront surtout des contrats à durée indéterminée. Côté salaire 2012 sera encore une année de disette. D’après les résultats de l’étude, les salaires d’embauche augmenteront de 2,4 % cette année contre 3,4 % en 2011, et la proportion des sociétés qui propose des rémunérations plus élevées devraient se réduire. Les formations d’ingénieur, toujours très prisées, devraient cependant s’en sortir mieux que les autres.
Le Figaro
30/05/12