Comme Michel Sapin l’a exprimé à plusieurs reprises, une attention toute particulière doit être apportée à ce que les emplois d’avenir dans le secteur privé ne concurrencent pas l’apprentissage.

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Le risque existe, surtout durant la période où la crainte de ne pas atteindre l’objectif des 100 000 emplois d’avenir avant la fin de l’année a conduit à baisser dans certains départements le niveau d’exigence pour la mise en place dans le secteur lucratif.

C’est pourquoi nous avons été attentifs à un article de La Voix du Nord intitulé ” Wasquehal: en mal d’apprentis, la boulangerie du Capreau embauche deux contrats d’avenir”

Le constat est assez connu « Ce n’est pas très facile de trouver du personnel dans notre domaine. Les jeunes ne sont pas très attirés par ces métiers aux horaires un peu décalés, aux dimanches et aux jours fériés travaillés, aux périodes de fêtes qui correspondent à des pics de travail… C’est compliqué de les motiver. »

Et le boulanger manifeste sa satisfaction par rapport aux deux jeunes qu’il a embauché en emplois d’avenir : implication des jeunes,  aide financière  «On touche 35 % de leur salaire brut par mois. Et même si on paye des charges quand même, c’est une bouffée d’oxygène car cela nous fait presque un salaire sur deux qui est pris en charge. C’est un soulagement car nous avons besoin de trésorerie. », mais aussi suivi « Pôle Emploi et la Mission locale [du Val de Marque] nous reçoivent régulièrement avec les jeunes pour faire le point sur ce qui va et ne va pas. Certes, cela leur met un peu la pression, mais en même temps, c’est très intéressant de pouvoir se parler ! »

Comme ce boulanger a formé des apprentis pendant 23 ans, et en forme encore deux, on s’interroge pour savoir ce qui l’a conduit à rechercher une autre formule : pour notre part au delà du point important du suivi, dont l’appréciation du boulanger montre qu’il est perfectible pour l’apprentissage, nous émettons l’hypothèse de l’âge. Alors que la pratique est d’employer des apprentis jeunes, parfois même mineurs, il s’agit ici de deux jeunes de 23 et 24 ans, ayant déjà une expérience de la vie. Cela pourrait conduire les acteurs de l’apprentissage à réfléchir à leur pratique d’embauche de jeunes qui souvent, une fois leur formation terminée et le métier acquis, ne restent pas dans le secteur où ils ont fait leur apprentissage.

Michel Abhervé pour Alternatives Economiques